samedi 31 janvier 2009

5 mois: bilan!


Alors voilà, 5 mois déjà que j’ai quitté mes montagnes pour la Réunion. Oui le temps passe vite.
Ce jour d’aujourd’hui est l’un des plus rares jours à ‘’glander’’ depuis mon arrivée ! Alors j’en profite pour faire le bilan.
Un bilan… donc il va falloir que je prenne un peu de recule… attendez… voilà j’ai reculé un peu !
Je me trouve à cet instant précis sous ma varangue, le ciel est d’un bleu clair… je vois la mer d’où je suis. Les voisins se baignent dans leur super piscine… la notre se meurt. Ma petite colloque Hélène plie son linge prêt de moi, elle a trop chaud pour passer l’aspirateur. C’est vrai qu’il fait chaud.
Je viens de faire le grand ménage dans ma chambre.
Ici je pensais faire le grand ménage dans ma vie, seulement on emmène les vieux fantômes avec soi. Ils réapparaissent parfois au moment où on s’y attend le moins. Contrairement à ce que certains peuvent penser, mon départ n’était pas une fuite. Une transition bienvenue seulement ! Un besoin fort de me retrouver et de me mettre à l’épreuve pour mieux me connaître, me comprendre, me surprendre et me surpasser. Chose à moitié accomplie. Je pense en fait qu’il faut bien toute une vie pour ça… (Avons-nous le temps lorsque la mort approche de faire le vrai bilan ? A voir).
Bref, l’année passée a été très très bénéfique pour moi. Mon diplôme (encore un grand merci aux personnes qui m’ont soutenue dans mes moments de doutes où j’aurais bien tout plaqué !). Dure mise à l’épreuve qui s’est bien achevée quand même !
Je me suis découverte un peu… exigeante (je ne le savais pas), intolérante (j’essaie de me soigner !), impatiente, et surtout sans aucune confiance en moi. Dur dur à construire la confiance en soi. Il faut apprendre à s’aimer pour ça. Alors il faut être bien dans sa peau, dans sa tête. Et là, malgré tout, le regard que les autres portent sur vous est très important.
L’image, encore l’image… J’ai eu une discussion un jour avec des collègues architectes à ce sujet, et encore une fois mon esprit de contradiction disait :’’non ! Ce n’est pas l’image qui prime dans l’architecture ! Il y a une histoire d’espace, de lumières, de sensations, autre que le visuel, et l’image doit passer après !’’. En face on me répondait que je ne comprenais rien alors ! Parce que l’image est vendeuse et ça c’est le plus important. Si ça ne plait pas au premier coup d’œil alors c’est foutu, on n’a pas envie de rentrer et de découvrir. C’est un peu pareil dans les relations humaines. Dans mon petit monde à moi j’aimerais tellement que ce soit différent. Je pense quand même qu’il y a des choses que l’on dégage qui ne se voit pas à l’œil nu. Ca tiendrait donc plus du sensitif. Des énergies que l’on dégage. Comme lorsque l’on se trouve près d’une personne heureuse et pleine de vie… elle peut transmettre sa positivité sans même ouvrir la bouche. C’est magique ça non ? Et là il ne s’agit pas d’une beauté extérieure, physique. Non, c’est plus fort encore et ça donne envie d’entrer, de découvrir… Comme certaines maisons dont les murs racontent sa propre histoire.
Je parlais de confiance. J’y reviens.
Mon diplôme m’a redonné confiance, un peu, après, pas longtemps. Certes j’aurais pu mieux faire, surtout à l’oral. Mais la perfection n’est pas de ce monde, ça se saurait ! Ou peut être alors dans la nature à l’état sauvage. Certaines espèces animales ou végétales qui évoluent, se transforment, s’adaptent au fur et à mesure que leur environnement change, par instinct de survie…
Bref, après mon diplôme j’avais décidé de conserver encore mon job de surveillante au lycée. Pas par fainéantise ou par peur de me lancer dans mon domaine. Juste parce que mine de rien j’aimais ce travail et les personnalités que j’y ai rencontrées… vous vous reconnaitrez mes chers ! Il m’a aidé à comprendre un peu plus les relations humaines. Pour ça les gamins m’ont beaucoup appris. Et je suis profondément convaincue que l’une des choses essentielle dans la vie d’un être humain c’est l’échange… les relations qu’il entretient avec les autres. (Non, je ne parle pas de sex là !). Ca permet d’apprendre à se connaître, à évoluer. Le temps passé au LEP de Romagnat m’a aussi donné la chance et le temps de construire cette fabuleuse aventure que je vis. La vie est ainsi faite et c’est ce que j’aime… des moments inattendus, des instants clés, des trucs complètement ingérables ou improbables qui font que tout se passe bien malgré tout… lorsque l’on ne contrôle pas tout… ça a un côté super excitant !
On en revient donc à cette histoire d’image et de recherche de soi…
Certains ont pour objectif de construire un beau pavillon de plein pied avec un immense garage pour y abriter la familiale nouvellement acquise… avoir deux beaux enfants et une wii, mais la dernière pour devancer les voisins. L’accès à la propriété, le besoin de consommer et de se mettre en concurrence ne font pas parti de mes envies et de mon fonctionnement. Ca je le savais déjà. Je n’ai jamais aimé l’esprit de compétition. Plus le travail en équipe où chacun a son rôle à jouer et peut apporter à l’autre, comme au volley par exemple où chacun a son poste et son rôle à jouer sur un échange. On ne peut pas compter que sur soi dans ces moments là. Il faut déléguer et faire confiance aux autres. Et c’est à cet instant là que mon esprit contradictoire ressurgit ! Ben oui, je suis une double face et je le savais ça aussi.
Donc on en revient à la confiance. Voilà il faut que j’apprenne à me reposer un peu plus sur les autres. Et je n’y arrive toujours pas. C’est un exercice difficile pour moi. Le problème c’est qu’à chaque fois que j’essaie je me prends une nouvelle claque. Je dois mal choisir les personnes à qui je donne ma confiance. J’ai une personnalité assez extrême. Mes proches le savent. Je suis capable de donner jusqu’à épuisement et parfois non-retour. C’est un peu ce qui vient de se passer ce dernier mois. Pour faire plaisir je donnerais tout. Alors en face on prend, normal… Mais ça peut devenir étouffant cet amour excessif sans compter. J’ai compris il y a peu de temps que je ne peux pas attendre des autres ce que moi je suis capable d’offrir. J’ai la chance d’avoir une énergie débordante qui me donnerait cette force de déplacer des montagnes. Mais je l’utilise tellement mal. C’est parfois fatigant.
Il y avait dans mon entourage des personnes capables de me canaliser, de m’apaiser. Je pense à vous mes amis, vous vous reconnaîtrez. Ceux avec lesquels je n’ai pas besoin d’ouvrir la bouche. Ceux qui savent lire dans mes yeux quand je suis prête à exploser alors que j’affiche un gigantesque sourire. Vous je vous ai choisis au lycée déjà, et je ne me suis pas trompée. Mais vous êtes si loin. Mise à l’épreuve justement pour essayer de me soigner sans l’aide de personne… encore ! Aye, c’est dur de faire un bilan !
On ne se soigne pas seul. Les discussions et les expériences sont importantes.
Avant de vous parler de mes nouvelles rencontres, je fais finir sur 2008.
En un an j’ai pu faire un trait sur ce qui devait être l’amour de ma vie. Je ne sais pas comment c’est arrivé. Un matin je me suis réveillée et c’était finito ! Peut être grâce aux rencontres que j’ai faites. C’est con mais les séparations rassemblent, et vers avril/mai j’ai repêché un vieil ami à la petite cuillère suite à une rupture aussi. Ces retrouvailles inattendues ont été riches en émotions jusqu’à mon départ. Il m’a aussi présenté une personne qui sans le savoir a bousculé ma vie. Alors les derniers instants passés dans mon pays si cher à mon cœur restent inoubliables. Au moment précis où j’ai mis le pied dans cet oiseau qui m’a arrachée à vous, la vie là-bas s’est arrêtée à un instant T et je ne vis pas l’évolution chez vous comme vous ne voyez pas trop la mienne certainement (un peu grâce à mes romans sur ce blog quand même !).
De mon côté il a fallu me refaire une vie, reconstruire un petit nid douillet. M’ouvrir encore plus aux autres, refaire un tri parmi toutes ces rencontres toujours très intéressantes… à commencer par mes 2 copains de l’hôtel, un soupçon de folie dans leurs tête, mais ils prennent soin de moi, et nous pouvons discuter de tout et n’importe quoi sans tabous. Chacun avec son petit vécu, ses cicatrices, ses envies, ses angoisses.
Puis il y a eu cette belle italienne pleine de vie avec laquelle je me suis éclatée jusqu’à son départ. Oui parce que le ‘’métro’’ ne reste pas ici. Il vient pour une bonne raison : fuite, travail, recherche de qqch… mais j’ai compris que la terre natale nous rappelle toujours à un moment donné… et la Réunion est un tremplin pour beaucoup, une belle transition pleine de jolies choses changeantes, extrêmes, intenses…
Donc elle est repartie miss pizza. Mais dans ma nouvelle vie j’accumule les activités. Sorte de défouloir mental et physique : l’escalade et le flamenco.
Au flamenco j’ai rencontré cette personne qui sera une amie au même titre que certains d’entre vous. Elle veille sur moi, elle fait parti de ces belles personnes qui dégagent une énorme énergie positive. C’est ma valeur sûre ici. Elle me comprend, on a quelques points communs quand même. (Aye, j’écoute ‘’Hôtel California’’ tout de suite. Je ne sais pas vous mais moi elle me fait des trucs cette chanson. Un arrière goût de nostalgie, d’inachevé, de moments forts que j’aimerai revivre l’instant d’une chanson !).
Bref, cette fille absolument géniale j’espère vous la présenter lorsque je vous rendrais visite l’an prochain. Nos discussions me permettent de comprendre mes erreurs et parfois même de les corriger.
La question au final est : ‘’changeons-nous ou pouvons-nous le faire avec des expériences comme celle que je vis ? Changement ou évolution ? Adaptation peut être ? Pour Anne, rien que la décision de tout quitter était le début d’un changement radical… avec toutes les évolutions possibles… à voir. Quelqu’un de proche m’a dit récemment que j’avais changé, que j’étais chiante voir peste… Peut être blaguait-il, ou a-t-il raison, ou finalement il n’est pas si proche que ça parce que si je n’ai pas changé alors il me connaît mal. Moi je ne suis pas certaine que l’on puisse changer, je crois plus en une évolution. Ce qui est certain c’est que je vis plus pour moi maintenant. L’arrivée de mes loulous m’a replongée dans ma vie d’avant, j’ai retrouvé au cours de ces trois semaines des émotions que je suis contente d’avoir laissé derrière moi. Je ne rentrerais pas d’ici un moment ça c’est sûr. Je pense qu’il m’a lui aussi quittée à un instant T et qu’il ne s’est pas rendu compte de ce que je vis ici depuis 5 mois. De combien c’est géniale et parfois super difficile aussi…
Alors voilà pour le bilan. J’en raconte des trucs pour ne pas dire grand-chose !
Je suis sous la varangue. Le soleil s’apprête à plonger une nouvelle fois dans l’océan qui s’assombri. Quelques nuages dodus couleur vanille envahissent à présent le ciel.
Mes fantômes sont toujours présents. Mais je vis bien avec finalement. Ils me rappellent qui je suis. Je vais bien. Ma nouvelle vie me plait. J’aime St. Denis, la ville où je vis. Je profite de chaque instant comme si c’était le dernier. Alors je croque la vie à pleines dents…
Un nouveau bilan dans cinq mois…
En attendant je vais regarder le ciel noircir peu à peu jusqu’à ce qu’il enfile son manteau d’étoiles et je vais me faire une toile avec ma valeur sûre…
Je vous embrasse très fort. Si vous êtes arrivés jusque là alors vous êtes bien courageux ! Merci. Il faudrait que ce blog soit un peu plus interactif. Les monologues c’est un peu chiant à force non ? Allez, prenez soin des gens que vous aimez et surtout profitez des bons moments passés avec les êtres chers. Ils sont courts et rares, il ne faut pas les louper ! A bientôt !

2 commentaires:

nadège a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
nadège a dit…

je suis bien d'accord avec ton roman ma belle. toute ma petite famille et moi te faisons de gros bisous! prends bien soin de toi